Le Web en région

Dernièrement,  j’ai assisté à la conférence «Comment être efficace en ligne (susceptible s’abstenir) ?» présentée par madame Michelle Blanc. Wow ! Quelle aisance pour démystifier et vulgariser cet univers fascinant qu’est le Web. Étant donné que je suis déjà un grand admirateur de cette spécialiste,  mes attentes étaient très élevées. Vu que je connaissais déjà la majeure partie du contenu présenté durant la conférence,  il est pertinent de se questionner sur ma volonté d’y être, sur mon intention d’y participer. Qu’allais-je pouvoir retirer de cette expérience ?  Étant donné que la rencontre avait lieu à Rimouski, j’entrevoyais là une occasion, une opportunité de  recevoir plus d’informations sur la réalité du Web en région. Toutefois, j’ai été légèrement déçu sur ce fait.

À la question « Comment rejoindre les personnes qui n’ont pas accès à des services d’Internet haute vitesse et des services de téléphonie cellulaires? » madame Blanc m’a répondu, comme je le redoutais, qu’il n’y a pas grand-chose à faire.  Alors, ces régions se retrouvent dans une position très désavantageuse. Leur emplacement les pénalise fortement.   D’une part, les médias traditionnels locaux ne sont plus en mesure de répondre  aux attentes de ces clients potentiels. D’autre part, ces personnes n’ont pas accès à Internet.   Elles sont donc confrontées à un enfermement qui les coupe du monde extérieur, de l’actualité, du progrès, de la technologie, etc. Cette criante situation vient alimenter, une fois de plus,  le fossé qui sépare les régions des centres urbains.

Depuis un certain temps, le monde des communications subit une révolution importante. Les médias traditionnels sont en baisse partout au Québec. Le Web, de son côté, devient la voie de l’avenir. La problématique en région est que le service d’Internet haute vitesse et/ou de téléphonie cellulaire est absent dans plusieurs secteurs.

Il est primordial d’attirer l’attention sur le fait que ces personnes qui habitent en région sont nos agriculteurs, nos artisans locaux et nos producteurs spécialisés. Ces personnes ressources, qui influent considérablement sur notre qualité de vie, doivent s’éloigner des grands centres pour favoriser une production fructueuse et rentable. En s’installant en région, elles se coupent automatiquement des services que les nouvelles technologies peuvent leur offrir. Alors, elles sont facilement remplacées par des magasins à grande surface qui utilisent parfaitement ces technologies et qui offrent du «made in Japan» pour une fraction du prix.

Dans sa conférence, en guise d’ouverture, madame Michelle Blanc fait état d’une mise en situation.  Elle présente les nouvelles réalités de la communication en relatant une histoire dont l’élément central est une canne de tomate. Rapidement, cette analogie démontre que maintenant, dès que nous voyons une canne de tomate dans une émission culinaire, nous faisons une recherche sur Internet pour obtenir plus de détails (marque, ingrédients, fournisseurs, etc.). Nous découvrons alors que cette fameuse canne de tomate a été produite par un petit agriculteur qui habite dans le 6e rang, un endroit où tout ce qui est produit est en équilibre avec la nature. Le consommateur s’en trouve séduit et entreprend des démarches pour combler, pour satisfaire son nouveau besoin. Ainsi va la roue.

Un fait désolant que l’on peut prédire est que la majorité de ces producteurs ont sûrement  un vieux PC infecté de virus dans leur foyer, étant donné que leur petit de 8 ans utilise Limewire. Pour eux, l’investissement de nouveau matériel informatique est totalement superflu. À quoi bon s’acheter le tout dernier iMac 24″ de Apple ou bien un beau gros Blacberry si les services ne se rendent pas à leur porte. Leur réaction est tout à fait justifiée.

Tout bien considéré,  une mobilisation s’impose.  Dépêchons-nous de baisser les tarifs pour ces services de communication, mettons en oeuvre des programmes de sensibilisation, de soutien aux entreprises et connectons les régions. Au lieu de construire des autoroutes aux quatre coins du Québec, envoyez-nous donc un gros câble de fibre optique directement dans nos ordinateurs. Cela ne brisera pas nos beaux paysages et nous arrêterons de polluer avec tout ce bitume et ce carburant qui sont brûlés pour la construction de ces projets.

Tout le monde parle d’environnement, d’achat local et de tout ce qui touche au bio.  Le gouvernement insiste énormément en ce sens, plus précisément pour que ces réalités deviennent des priorités.  Toutefois, propose-t-il de réelles pistes de solution pour contrer tout ce qui entrave la réalisation de ce projet? La question est-elle traitée avec assez de sérieux? Des moyens concrets pour améliorer la situation sont-ils vraiment mis en place ou on se contente d’émettre des propositions dans lesquelles il y a absence d’actions réelles et concluantes ?

20oct